111Rien ne s'oppose à la nuit, de Delphine de Vigan (Ed.JC Lattès):

Dans ce livre, l'auteure nous parle de sa famille, au travers de la vie de sa mère (Lucile), au sein d'une grande fratrie, où l'on parle beaucoup, mais où l'on se tait aussi. Sous l'apparence d'une famille unie et heureuse, se cachent les drames, et notamment les morts violentes. Sa mère va beaucoup en souffrir, et développer une bipolarité, qui va marquer sa vie. Malgré tout, elle deviendra grand-mère, et en sera très heureuse.

"Mes enfants d'abord, puis plus tard les filles de Manon, appelèrent Lucile, à sa demande, grand-mère Lucile. Les choses avaient le mérite d'être claires. Lucile revendiquait son statut comme un fait d'armes, il s'agissait en effet pour elle d'une victoire: avoir tenu jusque là."

Ce passage me semble emblématique de la difficulté, parfois, de vivre, de continuer; mais aussi de s'émerveiller: avoir atteint tel ou tel âge, ce n'est pas triste, c'est formidable, tout le monde n'a pas cette chance...

Pour en revenir au livre, et au titre (inspiré par Alain Bashung), il prend toute sa force à la fin du récit, très émouvant.